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  • Expérience : Le procès Landru

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    Guillaume RAYMOND, chargé de communication, représentait l’association Lysias Bordeaux devant cette Cour d’assises et plaidait en partie civile.

    24 février 2017

    Après deux ans et demi d’instruction préparatoire, le procès d’Henri Désiré Landru s’ouvre devant la Cour d’assises de Seine-et-Oise le 7 novembre 1921. Le “Barbe-Bleue de Gambais“  est renvoyé devant la juridiction de jugement pour onze assassinats, 10 femmes et un jeune homme de 17 ans.

    L’audience est ouverte.

    Les candidats sont là, ils ont revêtu la robe d’avocat, ils tiennent en leurs mains le dossier sur lequel ils ont travaillé depuis plusieurs semaines. Ils sont huit. Ils sont prêts.

    Les témoins : Alizée Guena qui joue le rôle de la sœur de madame Cuchet, une victime présumée et Chloé Dufresne qui joue le rôle de Fernande Segret, la femme de Landru.

    La partie civile : Gwenaëlle Moron et Guillaume Raymond.

    Le ministère public : Jules Tabourel et Julie Domenet.

    La défense : Mohamed Jomaa et Sarah Mouhouh

    La Cour est quant à elle présidée par Maitre David KOUBBI (1) et composée de Maitre Richard MALKA (2) et Jacques PRADEL (3), les assesseurs.

    Sont alors tirés au sort 9 jurés – conformément au droit de l’époque – dans le public. Ils prennent place. Les débats peuvent commencer. On assiste à des témoignages poignants, des réquisitoires et des plaidoiries de haute volée. L’accusation demande la peine de mort, la défense l’acquittement. Le dernier avocat termine. Le jury est instruit de l’affaire. L’audience est suspendue.

    Plus tard, c’est l’instant de vérité. Les jurés regagnent leur place, le président KOUBBI interroge le premier d’entre eux, il se lève et répond « NON » à toutes les questions. Landru est acquitté. Dans le public, on se regarde, on s’interroge, on pouffe, du côté de la partie civile on entend « c’est une honte ! ». Peut-être. Mais le peuple a parlé. Ce 21 février 2017, on a refait l’histoire.

    Vient ensuite le délibéré de la Cour qui doit élire le meilleur plaideur de la soirée. Les 3 juges donnent avant leur avis sur les différentes prestations et des conseils, utiles pour les candidats.

    Le second et dernier verdict tombe, Jules TABOUREL est désigné. Bravo à lui !

    Félicitations à la Conférence Lysias Nationale pour cet évènement d’exception et sa parfaite organisation !

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    1. Maitre David KOUBBI est un des avocats-stars du barreau de Paris. Il se lie d’amitié avec Jerome KERVIEL et le défend dans le procès l’opposant avec la Société Générale. Il défend également Tristane BANON dans l’affaire du Sofitel. Avocat hors pair, il est aussi l’auteur d’un roman « Hélium et papillons ».
    2. Maitre Richard MALKA est un défenseur de la liberté d’expression de la vie privée et de la laïcité. Spécialisé en droit de la presse, il défend l’hebdomadaire « Charlie Hebdo » depuis 1992. Il est aussi l’auteur de bandes-dessinées et publie, en 2014 « La vie de Palais » sur les coulisses de la profession d’avocat qui connait un grand succès.
    3. Monsieur Jacques PRADEL est un grand journaliste d’investigation et présente depuis 2010 l’émission judiciaire « L’heure du crime » sur RTL. Dans ce cadre, il anime des chroniques passionnées sur des faits divers qui ont fait trembler la France. Il était également présentateur à la télévision d’émissions comme « Témoin numéro 1 » et est auteur d’ouvrages dont « Les disparues de l’Yonne – 8e victime » en 2005 et « Côté crimes : 36 affaires qui ont passionné la France » en 2010.

    Ci-joint, l’article réalisé par Dalloz concernant l’évènement « Landru acquitté » (connexion possible avec un compte étudiant) :

    https://connexion.dalloz.fr/login?service=http%3A%2F%2Fsecureidpga.dalloz.fr%2Fidp%2FSSO%3Fshire%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.dalloz-actualite.fr%252FShibboleth.sso%252FSAML%252FPOST%26time%3D1487939436%26target%3Dcookie%253Aca505bed%26providerId%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.dalloz-actualite.fr#.WK4nIUlPea
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  • Qui était Maître Thierry Levy ?

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    La parole est aujourd’hui à la défense… Le 30 janvier dernier s’est éteint l’un des plus grands et talentueux avocats pénalistes français : Maître Thierry Levy.

    Il est admis au barreau de Paris en novembre 1969. Dès 1972, il est commis d’office avec l’avocat Rémy Crauste pour défendre Claude Buffet, auteur de la prise d’otages de la centrale de Clairvaux qui s’était conclue par l’assassinat d’un gardien et d’une infirmière de la prison. Cette affaire l’a marqué profondément car Maître Levy, alors âgé de 27 ans, s’est tenu à côté de l’échafaud lorsque la guillotine est tombée.

    En sortant de cette exécution, il prononcera ces paroles marquantes : « C’est nous qui avions des gueules d’assassins ».

    La peine de mort est abolie quelques années plus tard par François Mitterrand, après une bataille acharnée de Robert Badinter.

    Son combat se tourne alors vers celui de l’abolition de la prison et restera le combat de sa vie. Pour lui,  « La prison est une peine qui n’est pas comprise par ceux qui la subissent, qui ne peut pas l’être. C’est une injustice qui s’ajoute aux injustices déjà accumulées lors de vies qui sont dès l’origine en difficulté ». Il est d’ailleurs devenu directeur de l’Observatoire international des prisons de 2000 à 2004. Ce fervent opposant à la privation de liberté défendra entre autre deux membres du groupe terroriste Action Directe, l’assassin de René Bousquet, Eva Joly, l’historien Bernard Lewis, etc.

    Ces dernières années, il avait trouvé une autre lutte controversée : contester la place toujours plus grande accordée aux victimes dans l’action judiciaire. Sa critique est très sévère à l’égard de la place de la victime :

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    « L’institution judiciaire s’est trouvée un nouveau maître, plus aveugle, plus menaçant encore que l’État autoritaire. Le plaignant aux mille récriminations, idolâtré, transfiguré en sainte victime ».

     

     

    Il va même jusqu’à en redouter la perte d’égalité entre les parties devant le juge et ainsi craindre la disparition de la présomption d’innocence.

    Cet immense avocat d’assises a toujours refusé les dossiers criminels de partie civile car l’idée de demander une peine d’emprisonnement était impensable pour lui. Il n’hésitait pas à prendre position sur les sujets de société, quitte à choquer. À la fois discret et médiatisé, il ne reculait devant rien pour défendre son client, ni même à s’écarter de la vérité pour convaincre les jurés. Son intransigeance et son verbe parfait ont fait de lui un Maestro du barreau. Il a toujours travaillé en solitaire mais depuis plusieurs années, il était fier de pouvoir compter ses deux fils, Hugo et Balthazar, à ses côtés.

    Maître Levy était également écrivain et outre de nombreux ouvrages et articles juridiques, il a énormément écrit sur l’art de l’éloquence et sur sa profession. Un de ces célèbres ouvrages est sans nul doute Convaincre : Dialogue sur l’éloquence (en collaboration avec Jean-Denis Bredin).

    Sa voix ne raisonnera plus dans les palais de justice, mais ses combats seront toujours ceux de demain.

     

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    « Le désir de punir est profondément ancré dans la nature humaine »

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  • Grands avocats français

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    Il est des avocats dont on n’oublie pas le nom ; De par leur éloquence, leurs convictions, leur engagement politique ou encore leur médiatisation.

    A l’appel solennel du président « La parole est à la défense ! », ils se sont levés et ont plaidé.

    Leurs plaidoiries, pourtant éphémères par essence, sont restées dans l’histoire de la justice. D’autres se sont levés aussi, non devant une cour, mais devant les parlementaires afin d’essayer de faire évoluer le Droit.  Ils ont su convaincre, émouvoir, susciter le doute, provoquer la réflexion, brusquer l’ordre établi et faire changer le cours des choses.

    Nous avons choisi de vous présenter certains d’entre eux.


    Maître Robert Badinter (1928 – …)badinter_portrait

    Robert Badinter, docteur en Droit, s’inscrit au barreau de Paris en 1951.

    Connu de tous et particulièrement des étudiants en droit pour ses engagements en faveur des droits de l’Homme, il tire sa notoriété à la fois des affaires qu’il a plaidées mais aussi et surtout de ses combats.

    Il défend Roger Bontems, accusé, lors de la prise d’otage de la centrale de Clairvaux, d’assassinat sur une infirmière. A l’issu du procès s’étant déroulé du 26 au 29 juin 1972 à la cour d’assises de l’Aube, ce dernier est reconnu complice des assassinats de Buffet mais les jurés ne lui reconnaissent pas de circonstances atténuantes : il est condamné à la peine de mort.

    Après que son pourvoi en cassation soit rejeté le 12 octobre, sa grâce est refusée par le président Georges Pompidou le 27 novembre. Il est guillotiné le lendemain à la prison de la Santé à 5 heure 13. Maître Badinter narre le procès et ses suites dans son livre poignant, L’exécution (1973).

    Dès lors, il poursuit sans relâche son combat contre la peine de mort et évitera, de 1977 à 1980, la peine capitale à cinq accusés.

    Son opiniâtreté l’amena en qualité de ministre de la justice devant l’Assemblée nationale où, à la suite de discours devenus célèbre par leur force et leur fond, il fit voter l’abolition le 9 octobre 1981 de la peine de mort par guillotine.

    Mais ses actions ne s’arrêtent pas là. Il porte des projets de lois issues des 110 propositions du président François Mitterrand dont la suppression des juridictions d’exception, des dispositions légales pénalisant les relations homosexuelles pour les mineurs de plus de 15 ans, l’amélioration du droit des victimes par la création d’un régime spécial d’indemnisation des accidentés de la route, la création des jours-amende et travaux d’intérêt généraux permettant d’éviter, pour des délits mineurs, les peines privatives de liberté.

    Enfin, grande avancée pour la justice pénale, il permet aux justiciables de porter recours devant la commission de la Cour Européenne des droits de l’Homme.

    Il reste l’homme de loi sans doute le plus connu parmi ceux de sa génération. A 88 ans, il continue à œuvrer pour le droit après que le premier ministre Manuel Valls lui ait confié la mission de fixer les grands principes du code du travail dans le cadre de la réforme instituée par Myriam El Khomri, ministre du travail.

    « Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. »

    Extrait du discours de Robert Badinter, ministre de la justice, sur l’abolition de la peine de mort, à l’assemblée nationale, le 17 septembre 1981.

    Maître Éric Dupond-Moretti (1961 – …)eric-dupond-moretti-celebre-avocat-penaliste-francais-tribunal-bordeaux-dans-ouest-france-10-2016_1_1400_933

    Surnommé « L’acquittator » en raison de ses 120 acquittements à son actif en 2015, Maître Dupond-Moretti est l’un des avocats pénalistes le plus célèbre de sa génération.

    Après des études médiocres de Droit, il prête serment en 1984 à Douai et s’inscrit au Barreau de Lille. Eloquent, il est lauréat ex aequo du concours d’éloquence du stage.

    Il s’oriente rapidement vers la carrière d’avocat pénaliste si bien qu’il obtient son premier acquittement le 27 mars 1987.

    L’avocat devient connu du grand public à l’occasion du procès d’Outreau ayant eu un retentissement national, au cours duquel il obtient l’acquittement de la « Boulangère », Roselyne Godard.

    En février 2006, après qu’il ait été condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance, Eric Dupond-Moretti obtient l’acquittement de Jean Castela, accusé d’être le commanditaire de l’assassinat du préfet Claude Erignac.

    Il défend également des célébrités telles que Karim Benzema dont il obtient la relaxe et le roi du Maroc Mohammed IV en 2016.

    En raison de sa forte médiatisation, l’avocat participe également au tournage de « Vos violences » en tant qu’acteur, un court métrage d’Antoine Raimbault mais aussi « L’affaire de maître Lefort », un téléfilm français.

    Éric Dupond-Moretti a une aversion certaine à l’encontre d’une certaine magistrature qu’il qualifie « d’institution de faux-culs, petit monde de l’entre-soi et de l’irresponsabilité ».

    En 2012, il rédige avec Stéphane Durand-Souffland la « Bête noire : condamné à plaider » dans lequel il décrit le quotidien de l’avocat, ses angoisses, ses problématiques, ses remises en question.

    Par théâtralité ou en raison de sa forte personnalité, il fume des cigarettes dans les couloirs des palais de justice qu’il arpente, rongé par une angoisse palpable avant une plaidoirie décisive ou le rendu proche d’un délibéré d’assises.

    Il dira avoir vomi pendant dix ans avant chaque plaidoirie.

    « Les innocents se défendent souvent plus mal que les coupables. D’abord parce que les coupables ont une longueur d’avance : ils connaissent la réalité des faits et, dès lors, sont potentiellement capables de la contourner ou de la dissimuler. L’innocent, qui se sait injustement renvoyé devant les assises, sent que le moindre mot, le moindre clignement d’yeux peut être interprété à son détriment. La peur de l’innocent est plus grande que celle du coupable. »

    Eric Dupont-Moretti, La Bête Noire, 2012.

    Maître Hervé Témime (1957 – …) : t13204-1080-718-70-0

    Hervé Témime est un avocat qui a su s’imposer dans le milieu fermé des pénalistes, plus spécifiquement en droit pénal des affaires.

    Très tôt, il rêve de devenir avocat alors que son père le destine à une école prestigieuse. Après être entré à Science-Po Paris, Hervé Témime abandonne et débute un cursus juridique, déterminé à devenir avocat d’assises. Il prête serment en 1979.

    Valérie Lemercier, sa compagne durant plusieurs année dira de lui « Il a une haute idée de la justice. Pour lui, le petit voyou comme le plus monstrueux des assassins méritent d’être assistés ».

    Il veut défendre la veuve et l’orphelin mais c’est toutefois vers d’autre clients qu’il se destine. Il intervient ainsi dans les dossiers sensibles grâce auxquels il acquiert très vite une notoriété : Bettecourt, Polansky, Clearstream, Tapie ou encore Servier, dans le cadre de l’affaire du médiator.

    Il devient premier secrétaire de la conférence du stage du barreau de Versailles en 1980 et président-fondateur de l’association des avocats pénalistes en 1991.

    Il fonde par la suite son cabinet spécialisé en droit pénal général et économique en 2008.

    Défendant fréquemment des chefs d’entreprises ou des stars, il a été ainsi qualifié « d’avocat des puissants ». Il ironise lui-même en disant « Je suis un pénaliste qui a mal tourné ».

    Compte tenu de ses clients, il dispose aujourd’hui d’un carnet d’adresse conséquent lui permettant, à ses dires, d’exiger de honoraires aux alentours de 600 euros de l’heure bien que tous ses clients ne soient pas tous « des puissants ».

    Ses confrères le qualifient d’extrêmement minutieux et organisé, décortiquant lui-même chaque dossier et examinant chaque pièce. L’avocat explique cette que cette minutie lui permet de contrôler son angoisse de perdre.

    Sur sa défense, Hervé Témine déclare que son but n’est pas de connaître la vérité mais de faire son métier, c’est-à-dire défendre efficacement.

    Orphelin de son père, il dit, au sujet des avocats pénalisées :

    « Il y a derrière beaucoup d’avocats un enfant inconsolable […] les grands pénalistes sont tous des orphelins et ce métier ne peut correspondre qu’aux personnalités névrosées ».


    Maître Karim Achoui (1967 – …)

    775472 Karim Achoui a la double nationalité française et algérienne.

    Issu d’un milieu modeste, il réalise de brillantes études, étudiants dans une premier temps le droit et la médecine en parallèle, avant de s’orienter spécifiquement dans le droit.

    Il prête serment à Paris en janvier 1993 et se spécialise dans le droit pénal.

    Très vite, il est sur le devant la scène et travaille avec Maître Jacques Vergès sur différents dossiers, dont l’affaire Patrick Dils, victime de l’une des plus grandes erreurs judiciaires française. Ce dernier sera condamné pour le meurtre d’enfant à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 avant d’être acquitté le 24 avril 2002.

    Il ouvre son propre cabinet en 2000 et commence dès lors à avoir la réputation « d’avocat des voyous » en raison de ses liens, certes présumés, avec le « milieu ».

    Il défend ainsi les auteurs du grand banditisme dont Michel Lepage, dit « Le gros » dans le « gang de la banlieue sud », pour lequel il obtient un non-lieu.

    Le 22 juin 2007, Karim Achoui fait l’objet d’une tentative d’assassinat. Il échappe de très près à la mort. Dans le cadre de l’enquête, quatre personnes sont interpellées dont Ruddy Tarranova, un indicateur de la police.

    Maître Achoui écrit, en septembre 2008 « Un avocat à abattre », un livre dans lequel il dénonce qu’ « une frange de la police, plus particulièrement versaillaise, a trempé jusqu’au cou dans mon affaire ». Il dénonce plus particulièrement un commissaire de police qui dépose diverses plaintes en diffamation. La procédure aboutie in fine a une condamnation de Karim Achoui.

    Quant aux agresseurs présumés, il résulte de l’instruction préparatoire que la tentative d’assassinat aurait été justifiée pour des motifs uniquement financiers. En conséquence, les accusés sont acquittés par la cour d’appel de Paris le 4 octobre 2013.

    Le 15 décembre 2008, Karim Achoui est condamné par la cour d’assises de Paris à la peine de 7 ans d’emprisonnement pour complicité de tentative de meurtre, complicité d’évasion et association de malfaiteur dans le cadre de l’affaire d’Antonio Ferrara.  La cour délivre un mandat de dépôt et l’avocat est immédiatement conduit en détention.

    Karim Achoui interjette appel de la décision et est remis en liberté le 5 février 2009. Il sera acquitté par la cour d’assises d’appel de Paris le 22 octobre 2010.

    Karim Achoui est radié de l’ordre des avocats en France par un arrêt du 13 janvier 2011 de la Cour d’appel de Paris en raison de manquements déontologiques graves. Son pourvoi en cassation est rejeté.

    Il est désormais inscrit au barreau d’Alger et est autorisé le 28 janvier 2016, conformément aux dispositions des accords d’Evian, à plaider en France sous certaines conditions.


    Georges Kiejman (1932 – …)georges-kiejman-1_5312309

    Georges Kiejman est un avocat et un homme politique.

    Il vit tout d’abord de petits métiers mais poursuit ses études de droit à l’université de la Sorbonne à Paris.

    Il prête serment au barreau de Paris en décembre 1953. L’année suivante il obtient la coupe d’éloquence des jeunes avocats et est nommé deuxième secrétaire de la conférence du stage en 1955.

    Spécialisé tout d’abord en droit public, il se consacre par la suite au droit pénal et au droit d’auteur.

    En octobre 1981 Robert Badinter alors ministre de la justice le nomme membre de la commission de révision du code pénal dont la mission est d’élaborer un avant-projet de réforme. Les travaux de cette commission sont à l’origine du code que nous connaissons aujourd’hui entré en vigueur le 1er mars 1994.

    Il est nommé ministre délégué auprès le Garde des Sceaux du gouvernement de Michel Rocard, ministre délégué auprès du ministre de la Culture et de la Communication dans le gouvernement d’Edith Cresson et enfin ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.

    Maître Kiejman est tout particulièrement impliqué dans le devoir de mémoire de la France au sujet de la seconde guerre mondiale et tout particulièrement concernant le régime de Vichy.

    Par ailleurs, outre sa carrière politique, Georges Kiejman est un grand avocat.

    Il défend ainsi durant vingt-neuf ans de nombreux éditeurs dont les éditions Gallimard. Parmi les plus célèbres, Eugène Ionesco, Henri de Montherlant ou encore les héritiers d’Albert Camus.

    En 2007, il défend le journal Charlie Hebdo avec Maître Richard Malka lors du procès au sujet des caricatures de Mahomet à l’issu duquel l’hebdomadaire est relaxé.

    Georges Kiejman assure aussi la défense de Roman Polanski en 2009 de Jacques Chirac en 2011. Il est également l’avocat des époux Sarkozy dans le cadre de leur procédure de divorce amiable

    Homme d’exception, il est nommé Grand officier de la Légion d’honneur en 2014.

    « La démocratie, ça ne doit s’arrêter nulle part, et surtout pas au seuil de la prison ».

    Georges Kiejman, Album imaginaire de Cartier-Bresson.
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  • Avocats de l’histoire

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    Il y a des plaidoiries dont l’écho raisonne encore aujourd’hui entre les murs des palais de justice. De célèbres avocats, de par leur charisme, leur force de conviction et leur éloquence, ont marqué l’histoire de la France à travers des procès emblématiques.

    Nous avons choisi de vous présenter certains d’entre eux.


    Maître Edgar Demange (1841 – 1925)     edgar_demange_photo_pirou_bmr_41_394

    Maître Demange accepte de défendre Alfred Dreyfus lors de son procès qui se déroule de 1894 à 1899, avec Maître Fernand Labori.

    Son argumentation se basait sur un compromis entre son client et une attitude bienveillante vis-à-vis de ses accusateurs afin de ne pas braquer les militaires. La particularité de maître Demange était de faire appel au doute sur l’ensemble de l’affaire. Il a d’ailleurs accepté de défendre Dreyfus uniquement à condition de ne pas trouver dans le dossier des failles susceptibles de remettre en cause son innocence.

    Plaideur éloquent, il fait partie des grands avocats français ayant passé au total soixante ans à la barre.

     « Ce doute, messieurs, me suffit. Ce doute, c’est un acquittement. Ce doute, ah ! Il ne permet pas à des consciences honnêtes, loyales, de dire que cet homme-là est coupable ».


    Maître Jacques Vergès (1925 – 2013)jacques-verges

    Au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès médiatisés. Il était surnommé « l’avocat de la terreur » ou « l’avocat du diable ». Il a notamment défendu Klaus Barbie, militaire allemand sous le régime nazi,  ainsi que le terroriste international Ilich Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos.  Il est sans nul doute l’un des plus connus mais aussi l’un des plus controversés.

    En fin stratège, il adopte une « défense de rupture » qui consiste à ne pas s’attacher au cas particulier de l’accusé mais plutôt en opposant des valeurs. Ainsi, les rôles sont inversés et l’accusé prend la place de l’accusateur. C’est en partie grâce à cette stratégie de défense que certains de ses clients ont évité la peine de mort lors de la guerre d’Algérie.

    Maître Vergès est un véritable personnage de roman qui intrigue toujours. En 1970, il disparaît durant un temps pour réapparaître finalement en 1979 à Paris. Il a d’ailleurs toujours gardé le mystère sur cette ellipse.

    « Déclarer qu’un homme est un monstre, c’est refuser de le comprendre. Il faut tenter de comprendre les êtres pour ne pas reproduire leur chemin malheureux. Mes clients me posent un problème car ils symbolisent la part de nuit qu’il y a dans l’homme. Je tire une certaine satisfaction de leur décryptage ».

     


    Maître Olivier Metzner (1945 – 2013) :436703-maitre-olivier-metzner-950x0-2

    Âgé de 63 ans, ce ténor du barreau de Paris a connu une fin bien tragique. En effet, il fut retrouvé mort sur une île située dans le Golfe du Morbihan. La thèse du « décès par noyade » confirme son suicide.

    Il n’en reste pas moins que Maître Metzner a laissé derrière lui un grand héritage. Il est notamment connu pour sa capacité à déceler des vices de procédure. Mais l’affaire qui va le mettre sur le devant de la scène médiatique pour la première fois est celle de « l’étrangleur des parkings » en 1977. Il réussira à éviter la peine capitale à un homme violeur et tueur multirécidiviste.

    Une fois commencé, avec un éternel cigare aux lèvres, il ne s’arrête plus et  va enchainer les procès médiatiques qui mélangent à la fois politiciens (Villepin), personnalités (Bettencourt) et grands groupes (Bouygues). Au départ discret, il passe de l’ombre à la lumière sans jamais se retourner et c’est toujours avec force et ténacité qu’il mènera sa carrière d’avocat.

    « Je plaiderai le cœur lourd. Comme à chaque fois où je défends un homme ou une femme, quels qu’ils soient, et que je sais que, de ces quelques mots, l’avenir de cette personne dépend ».