Avocats de l’histoire

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Il y a des plaidoiries dont l’écho raisonne encore aujourd’hui entre les murs des palais de justice. De célèbres avocats, de par leur charisme, leur force de conviction et leur éloquence, ont marqué l’histoire de la France à travers des procès emblématiques.

Nous avons choisi de vous présenter certains d’entre eux.


Maître Edgar Demange (1841 – 1925)     edgar_demange_photo_pirou_bmr_41_394

Maître Demange accepte de défendre Alfred Dreyfus lors de son procès qui se déroule de 1894 à 1899, avec Maître Fernand Labori.

Son argumentation se basait sur un compromis entre son client et une attitude bienveillante vis-à-vis de ses accusateurs afin de ne pas braquer les militaires. La particularité de maître Demange était de faire appel au doute sur l’ensemble de l’affaire. Il a d’ailleurs accepté de défendre Dreyfus uniquement à condition de ne pas trouver dans le dossier des failles susceptibles de remettre en cause son innocence.

Plaideur éloquent, il fait partie des grands avocats français ayant passé au total soixante ans à la barre.

 « Ce doute, messieurs, me suffit. Ce doute, c’est un acquittement. Ce doute, ah ! Il ne permet pas à des consciences honnêtes, loyales, de dire que cet homme-là est coupable ».


Maître Jacques Vergès (1925 – 2013)jacques-verges

Au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès médiatisés. Il était surnommé « l’avocat de la terreur » ou « l’avocat du diable ». Il a notamment défendu Klaus Barbie, militaire allemand sous le régime nazi,  ainsi que le terroriste international Ilich Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos.  Il est sans nul doute l’un des plus connus mais aussi l’un des plus controversés.

En fin stratège, il adopte une « défense de rupture » qui consiste à ne pas s’attacher au cas particulier de l’accusé mais plutôt en opposant des valeurs. Ainsi, les rôles sont inversés et l’accusé prend la place de l’accusateur. C’est en partie grâce à cette stratégie de défense que certains de ses clients ont évité la peine de mort lors de la guerre d’Algérie.

Maître Vergès est un véritable personnage de roman qui intrigue toujours. En 1970, il disparaît durant un temps pour réapparaître finalement en 1979 à Paris. Il a d’ailleurs toujours gardé le mystère sur cette ellipse.

« Déclarer qu’un homme est un monstre, c’est refuser de le comprendre. Il faut tenter de comprendre les êtres pour ne pas reproduire leur chemin malheureux. Mes clients me posent un problème car ils symbolisent la part de nuit qu’il y a dans l’homme. Je tire une certaine satisfaction de leur décryptage ».

 


Maître Olivier Metzner (1945 – 2013) :436703-maitre-olivier-metzner-950x0-2

Âgé de 63 ans, ce ténor du barreau de Paris a connu une fin bien tragique. En effet, il fut retrouvé mort sur une île située dans le Golfe du Morbihan. La thèse du « décès par noyade » confirme son suicide.

Il n’en reste pas moins que Maître Metzner a laissé derrière lui un grand héritage. Il est notamment connu pour sa capacité à déceler des vices de procédure. Mais l’affaire qui va le mettre sur le devant de la scène médiatique pour la première fois est celle de « l’étrangleur des parkings » en 1977. Il réussira à éviter la peine capitale à un homme violeur et tueur multirécidiviste.

Une fois commencé, avec un éternel cigare aux lèvres, il ne s’arrête plus et  va enchainer les procès médiatiques qui mélangent à la fois politiciens (Villepin), personnalités (Bettencourt) et grands groupes (Bouygues). Au départ discret, il passe de l’ombre à la lumière sans jamais se retourner et c’est toujours avec force et ténacité qu’il mènera sa carrière d’avocat.

« Je plaiderai le cœur lourd. Comme à chaque fois où je défends un homme ou une femme, quels qu’ils soient, et que je sais que, de ces quelques mots, l’avenir de cette personne dépend ».

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